Ah, chers lecteurs, votre fidélité m'épate encore et encore... Cela fait un an que ce petit blog est officiel dans la famille et vous êtes toujours là, toujours aussi fidèles (d'après le compteur très officiel de Canalblog, vous avez été 1968 visiteurs et vous avez vu 4424 pages depuis les premiers babillements du blog, incroyable !)...

Alors, comment être à la hauteur de cet engouement (n'ayons pas peur des mots !) pour célébrer ce 1er anniversaire ? Et là, vous admettrez que je ne pouvais pas trouver plus belle transition, pour vous remercier chers lecteurs si fidèles, que de vous parler de la Semaine du Fidèle (!), Revue du Culte et des Bonnes Oeuvres, du 12 janvier 1867 ! Oui, je sais, c'est plutôt tiré par les cheveux, mais ouf, j'y suis arrivée !...

Bon, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos Bonnes Oeuvres. Car, dans ce numéro du 12 janvier 1867, il y a un article en hommage à Joseph Julien DROUIN, le célèbre Curé de Congé les Guérêts de la famille, décédé le 27 décembre 1866, à l'âge de 49 ans !

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Alors comme je n'ai pas la prétention de remplacer votre ophtamologiste et de vous faire passer un test de vue, je vous remets ci-dessous le texte (ma grande bonté me perdra, c'est désormais officiel !) :

"(...) Cette vérité de nos livres saints s'est pleinement vérifiée dans la trop courte vie du saint prêtre que pleure en ce moment la petite paroisse de Congé-des-Guérets. Au collège de Mamers où il commença ses études, comme au Séminaire du Mans où il fit sa théologie, M. l'Abbé Joseph Julien DROUIN fut toujours pour ses condisciples un modèle de vertus : tous ses confrères dans le sacerdoce n'ont cessé de le regarder à juste titre comme un véritable prêtre selon le coeur de Dieu. Exact dans ses devoirs de pasteur, fidèle aux plus petites prescriptions des règles sacerdotales, il portait dans le commerce de la vie la douceur, l'affabilité qui rendent les relations faciles et aimables. Charitable envers les pauvres, il n'était dur et sévère qu'envers lui-même, se refusant souvent le nécessaire afin de pouvoir faire un bien plus étendu. Il employa tous ses revenus en bonnes oeuvres, et ses dispositions testamentaires sont une généreuse continuation de sa vie si pleine de libéralité (dispositions testamentaires dont je vous parlerai très prochainement).

Né à René, le 31 août 1819 (en réalité, c'est le 31 août 1818 : Registre d'Etat civil de René, N1815-1836, vue 96/511), il n'oublia jamais sa paroisse natale, et plusieurs fois celui qui trace ces lignes, éphémère témoignage, hélas ! d'une vieille amitié, se souvient d'avoir entendu souvent sortir de sa bouche ces paroles si vraiment chrétiennes : "Comment pourrait-on ne pas aimer l'église où l'on a reçu des grâces aussi précieuses que le baptême et la première communion ?". Aussi la paroisse de René a toujours eu une large part dans ses libéralités.

Ordonné prêtre le 21 septembre 1844, il exerça avec le plus entier désintéressement comme avec le plus grand dévouement, pendant près de cinq années, les fonctions de chapelain dans la maison naissante des Soeurs de la Miséricorde, à Mamers.

Congé-des-Guérets était, avant la Révolution, une annexe de la paroisse de Vivoin; depuis cette annexe n'avait point été rétablie. Afin de conserver une rente fondée au profit de la fabrique, M. l'Abbé Drouin eut la généreuse pensée d'acheter le presbytère avec ses dépendances, consistant en un jardin et un champ qui lui est contigu. La paroisse fut érigée par arrêté du président de la République, le 9 mai 1849. A partir de ce moment la vie du bon prêtre a été consacrée entièrement à la sanctification des âmes d'un troupeau peu nombreux il est vrai, mais composé d'excellents cultivateurs dont les regrets témoignent bien haut en ce moment de l'estime profonde et de l'affection inaltérable que le jeune curé avait su leur inspirer. Profondément pénétré de ces paroles du grand Apôtre : "Pour mon peuple je donnerai très volontiers tout ce que j'ai, et me donnerai encore moi-même pour salut des âmes", il avait compris la grandeur des devoirs qu'impose la redoutable charge des âmes, et il s'appliquait à les remplir dans toute leur étendue. Aussi en mourant il n'eut qu'un regret, non pas celui de quitter ce monde, bien qu'il fut encore dans la force de l'âge, mais d'en sortir avant d'avoir vu s'élever au sein de sa modeste paroisse une église plus digne de recevoir dans son enceinte l'Höte divin de nos tabernacles, le Dieu dont il fut un ministre si fidèle et si complet. il a rassemblé en partie les matériaux les plus indispensables surtout; il laisse à son successeur le soin de surveiller la contruction.

A l'heure de la séparation, il a été facile de remarquer quelle vénération le pasteur dévoué laisse parmi son peuple et ses confrères. Les fidèles de la paroisse étaient là réunis avec un nombre considérable de prêtres, les larmes coulaient de tous les yeux, les gémissements suffoquaient les coeurs : les ecclésiastiques comme les fidèles pressentaient que la mort du modeste curé allait pourtant laisser au milieu d'eux un vide immense. Memoria justi cum laudibus."

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