Dans mon message du 4 mars dernier, je vous avais parlé de Joseph Julien DROUIN et cela avait visiblement rappelé de bons souvenirs à Masèphe. En effet, Marie-Josèphe a non seulement hérité du prénom (et du nom de famille évidemment !) de notre Curé de Congé des Guérêts, mais en plus, c'est dans l'église bâtie à l'initiative de Joseph Julien DROUIN qu'elle a épousé Zacharie.

Masèphe vient juste de m'envoyer l'article paru dans Ouest France le 6 juillet 1967 immortalisant ainsi l'événement ! Et, fidèle à mes facheuses petites habitudes, voici l'immortalisation numérique (ah ! les nouvelles technologies !!) :

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"Trois ifs séculaires dans un paysage bucolique, quelques tombes sur un tertre masqué par un mur de pierres, une petite église au clocher pointu; enfin, plusieurs maisons aux toits de tuile.... C'est Congé-des-Guérets, situé au milieu de terres fortes, à quelques kilomètres de Vivoin.

Il y avait beaucoup de monde, hier, et la cloche sonna à une heure assez inhabituelle. Une jeune fille de Rouez-en-Champagne, Mlle Marie-Josèphe Drouin, conseillère agricole à Alençon, était venue épouser M. Zacharie Renaut, ingénieur des T.P.E. à Cherbourg. Pourquoi ? Simplement parce qu'un jour un prêtre têtu fit de Congé-des-Guérets une paroisse et que, généreux aussi, il y bâtit et fit bâtir un sanctuaire après avoir ouvert une souscription et payé largement de ses deniers. Il en coûta 25.000 F ...

Ce prêtre s'appelait Joseph Drouin. Il était un de ses ascendants. Sa mémoire était rappelée par une épitaphe gravée sur une dalle à l'entrée du choeur. Là où précisément M. l'abbé Barbe, aumônier de la J.O.C.F. à Alençon, unit les jeunes époux en présence de l'abbé Boussard, curé de Vivoin.

Cérémonie sans solennité, mais avec éclat cependant, du fait de la réunion des familles et de leurs amis. Une jeune fille de Vivoin, Mlle Monique Bouvier, élève de Mlle Valomet, accompagnait les chants sur le vieil harmonium.

A l'issue de la messe, M. et Mme Renaut accueillirent leurs invités à la sachristie, où avaient été exposés un calice et une aube magnifiques que l'abbé Drouin légua à ses paroissiens en mourant, le 27 décembre 1866.

Et puis, sacrifiant à la tradition rurale, les mariés et leurs parents trinquèrent avec les habitants avant de laisser le petit hameau de Congé-des-Guérêts à sa quiétude sous le chaud soleil de juillet.

(texte encadré, deuxième colonne :) Originaire de René, l'abbé Drouin était chapelain des Soeurs de la Miséricorde, à Mamers, quand il accepta de venir à Congé-des-Guérets, malgré la modestie de la rente offerte (200 F.).

On comprend le succès qu'il connut lorsqu'il parla de son projet de subsituer à la chapelle vicariale vétuste une église nouvelle. Car pendant 56 ans, Congé avait été privé de pasteur et maintes démarches avaient été renouvelées.

Epoque bien étonnante pour nous. Congé-des-Guérets n'avait pas 103 âmes comme aujourd'hui, moins que cela. 40 à 50 peut-être...

Et Mgr Bouvier, l'évêque du diocèse, lui envoyait un prêtre.

Et celui-ci trouvait pour ses ouailles les moyens de réaliser un projet aussi important que la construction d'une église.

Congé-des-Guérets n'est plus érigé en paroisse aujourd'hui, mais desservi par le curé de Vivoin."

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(légende de la photo :)   

Le cortège avant la messe.   

Mlle Drouin a pris le bras de son père. 

            

       

A bientôt !

Lucie